RETOUR A VDT

 

STADE DE REIMS - BEAUVAIS : 1-0

Samedi 29 novembre 2003 - 18e journée du National - Arbitre : David Bouillet

BOUTAL, 7e

 

 

Ménage à trois

 Fil de match & analyse l'u

.

 

 

Est-ce l'incidence du feuilleton politico-despotique sur l'avenir de Delaune et la perspective d'être bientôt privés de stade ? Toujours est-il que durant les trois-quarts de la rencontre les Rémois se sont comportés comme s'ils évoluaient à l'extérieur, reculant au fil des minutes au point de passer la dernière demi-heure recroquevillés devant leur cage, pliant sous les assauts de Beauvaisiens bien plus fringants qu'on aurait pu l'imaginer.

Et pourtant, la mise en bouche du premier quart d'heure était alléchante : une bonne circulation de balle saupoudrée de velléités offensives et relevée d'une pointe d'audace, sous la forme d'un boulet de canon pleine lucarne du maître artificier Samuel Boutal. Malheureusement, en fait de hors-d'oeuvre, nous venions sans le savoir d'avaler le plat de résistance. Tandis que leurs hôtes se jetaient comme des morts de faim sur le ballon, les Rémois avaient déjà desservi la table.

Dans ces conditions, il n'y a rien d'étonnant à ce que l'on en soit arrivé rapidement à faire le ménage de part et d'autre. Le genou d'Ongoly et le nez de Leroy n'ont d'ailleurs pas résisté longtemps à ce traitement de... choc. Il ne faudra sans doute pas compter sur eux à Angoulême samedi prochain. Encore moins sur Barbier, malheureux récipiendaire d'un carton rouge (deux jaunes) pour avoir essuyé à deux reprises ses crampons sur des tibias picards... sous les yeux de l'arbitre-intendant David Bouillet (1).

Pour être tout à fait honnête, l'expulsion du rugueux Alexandre Barbier n'a rien de scandaleuse, les fautes commises étant aussi inutiles qu'injustifiables. Pas question donc d'accabler l'arbitre sur ce point, d'autant qu'il a visiblement beaucoup mieux à proposer dans sa gamme de prestations.

Bref... pour résumer l'ensemble tout en restant accessible au plus grand nombre, disons que les Rémois ont joué comme des casseroles et qu'ils s'en tirent plutôt bien puisqu'ils ont évité la gamelle. Evoquer les problèmes d'arbitrage permet juste de tourner autour du pot. M.H.

--------

(1) Ne pas confondre le David Bouillet du National avec notre David Douillet national.

 

Feuille de match

 

 

Anniversaire

Il y a un an, il débarquait

Six mois après, il était débarqué

Et Reims restait en rade

son oeuvre

 

 

Pinho simple visiteur - Il y avait du "beau" monde samedi soir à Delaune. Ludovic Liron était présent dans les tribunes en compagnie, selon DarkReims, "de notre très regretté Pinho". Parti à Troyes à l'intersaison, c'était l'entraîneur-adjoint de Denis Goavec qui nous manque, lui aussi, beaucoup (comment agrémenter les pages du Fantasy maintenant ?). Enfin, Fabrice Grange, le gardien de Beauvais (ex Racing Club de Paris) a également assisté au match depuis les tribunes. Fait notable : cette fois, il n'a pas osé aller défier les Ultrem, ce qu'il ne manque jamais de faire lorsqu'il est... sur la pelouse.

 

Calais sur le feu - "Ils sont bien rentrés de Delaune nos Calaisiens. Philippe Brame m'a confirmé leur excellente journée à Reims, bien accueilli par leur ami Ladislas Lozano, petit discours et surtout beaucoup de questions pour le coach rémois. Son groupe paraît un peu fatigué en cette fin de première partie de championnat. A Calais, il y a un véritable engouement envers Lozano, en raison des souvenirs de six années passées avec lui au sein du club pour certains. Cela se traduit par une certaine amitié et chacun cherche aussi à comprendre comment il parvient à obtenir des résultats positifs dans tout ce qu'il entreprend dans le monde du football." Philipe C

 

 

 

Battus par leurs dirigeants ?

 

Calfeutré dans la tribune officielle, Jean-Louis Aubry, le président de l'ASBO, pensait bien passer une soirée tranquille entre dirigeants. Seulement voilà ! A la sortie du stade la route du "Phoque" (son surnom en Picardie) a croisé celle des supporters beauvaisiens. Le conseiller général de l'Oise, pour une fois, a dû se montrer à l'écoute de ses électeurs... Et ils n'ont pas mâché leurs mots.

 

Coincés dans l'une des tribunes du stade Delaune, toujours en phase de rénovation, les supporters des Maxi-Fans et des Red North ont le masque. « Nous sommes tristes de ce qui arrive, raconte Caroline. Il y a deux ans, nous étions tout près de monter en Ligue 1 et, là, nous vivons une saison catastrophique. »

La veille, ils ont appris le limogeage de Gentili. « Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Nous sommes tristes, nous ne comprenons plus rien. Et puis Bati n'est pas responsable. Son départ nous fait mal. Tout à l'heure, au moment de la minute de silence (en mémoire d'un dirigeant du club rémois décédé récemment), nous avons eu une pensée pour lui.»

Assis dans la tribune, le visage fermé, les supporters attendent le fameux déclic. « Vous avez vu comment les joueurs sont fébriles ce soir ? Nous avons mal au coeur pour eux. »

Aussi étrange que cela puisse paraître - le limogeage d'un entraîneur servant généralement à donner un nouvel élan - l'absence de Bati Gentili était pesante hier soir. Tellement pesante que les Beauvaisiens rentrent dans la partie de la plus mauvaise des façons. Dès la huitième minute, l'erreur fatale est commise. Balle au pied, Ekobo s'avance mollement en dehors de sa surface. Boutal récupère et, d'une somptueuse frappe, expédie le ballon au fond des filets.

 

Ekobo qui, la veille, en apprenant la mise à pied de Gentili, s'était mis à pleurer, s'effondre. Rapidement, ses partenaires le relèvent. Les joueurs font bloc. Même si le coeur n'y est pas. La suite est fort heureusement plus intéressante pour les Beauvaisiens. Face aux meilleurs artificiers de National, ils parviennent à s'organiser. Petitjean, Dossevi, Boutal et les autres sont désormais parfaitement canalisés.

Les Rémois tardent à se montrer de nouveau dangereux. Une situation qui serait presque idéale si les Beauvaisiens n'étaient pas menés au score. Car, décidément, l'attaque n'est pas le point fort de Beauvais cette saison. Le constat est le même que lors des matchs précédents : les Oisiens pourraient jouer pendant des heures, ils seraient bien incapables de marquer le moindre but. Les ballons ont beau traîner dans la surface rémoise, aucun joueur ne prend ses responsabilités pour tenter une frappe, aussi symbolique soit elle.

Quelques timides occasions, comme cette tête toutefois mal ajustée de Kokougan en première période, ou cette frappe de Farro en fin de match qui aurait dû faire mouche, mais rien qui ne permette à l'ASBO d'éviter une nouvelle défaite.

Les Beauvaisiens ont résisté, tenu le choc en défense mais sont toujours aussi incapables de se montrer percutants devant. Un revers, sur le plus petit des scores, chez l'un des favoris n'est pas forcément choquant.

Malgré tout, on ne peut que se replonger quatre mois en arrière. A l'époque de la phase de préparation. Ici même, au stade Auguste-Delaune, les Beauvaisiens étaient venus arracher le match nul lors de leur dernière rencontre amicale. Une saison prometteuse s'annonçait alors. Tout le monde s'accordait à dire que Reims et Beauvais seraient les grands animateurs du championnat. Hier soir, certains spectateurs rémois se demandaient ce qui, entre-temps, avait bien pu arriver à cette équipe beauvaisienne. Car, à quasiment mi-parcours, c'est un fossé qui sépare aujourd'hui les deux clubs. Et il faudra sans doute bien plus qu'un changement d'entraîneur pour le réduire. Sandrine LEFEVRE

30-11-03

 

Courageux mais pas téméraire... Il est 22h15 devant la grille du stade Auguste-Delaune et malgré le froid, les supporters beauvaisiens attendent la sortie des joueurs. Le président Jean-Louis Aubry, le seul membre du comité directeur, avec Michel Mahieux, présent hier soir à Reims, s'avance pour les saluer. Soudain les supporters entonnent « Gentili à Beauvais !, Gentili à Beauvais ! » Le président s'éclipse alors. « Maintenant, le président a compris quelle était notre position, annonce fièrement un membre des Maxi-Fans. Qu'il remette donc Gentili à son poste ! Les joueurs sont venus nous voir à la fin du match. Nous sommes tous solidaires ! »

 

 

Dans mes bras !

 

Signe que ce championnat de National n'est pas très relevé au plan qualitatif, en dépit d'un nombre de revers déjà bien trop important pour un candidat à l'accession, Reims caracole en tête. Le match en demi-teinte produit ce week-end (... mais la première victoire contre Beauvais depuis 1998) lui a même permis de renforcer sa position, avec deux points d'avance sur Ajaccio, trois sur Brest et six sur Cannes.

Si l'on ajoute qu'à mi-championnat, le Stade compte déjà deux points de plus (37 contre 35) qu'à la fin de la saison dernière, il n'y a vraiment rien à lui reprocher... sauf d'oublier parfois que le football professionnel est aussi, et avant tout, un spectacle.

Mais sans doute les joueurs entendent-ils ainsi dissuader la Ville de continuer à percevoir la taxe sur les spectacles. Dès lors, je me tais. Respect !

 

 

 

 

 

 

 

 

Si j'osais Beauvais...

  

  

  

INSTANTANÉS

 

 

 

 

 

 

AVANT-MATCH

 

 

Gentili viré

Beauvais chaviré

 

Coup de théâtre à Beauvais. 24 heures avant le déplacement de l'ASBO en Champagne, Bati Gentili a été démis de ses fonctions. Samedi soir, un "intérimaire" devrait être sur le banc picard.

Les pratiques des dirigeants de club surprendront toujours par leur délicatesse. On ne peut que partager la colère des joueurs picards, révoltés par cette décision. A quand un véritable code de déontologie - ou tout bonnement un "code comportemental" - dans ce milieu professionnel qui ressemble de plus en plus à une jungle où les individus ne comptent pas, où tous les coups sont permis.

Et malheureusement, nul ne fait exception à la règle, le montant des chèques étant censé se substituer aux règles élémentaires de la courtoisie.

 

 

Coût de la plaisanterie : 230.000 euros

 

Vendredi. Le brouillard qui, depuis de longues heures, enveloppait la ville de Beauvais s'est enfin dissipé. Il est midi, hier, et, après presque une heure d'entretien avec les joueurs, le président Jean-Louis Aubry (photo) sort du siège de l'ASBO. Sans véritablement éclaircir le mystère.

« J'ai confirmé aux joueurs ce qu'ils savaient déjà, à savoir que Bati Gentili n'était plus entraîneur de l'équipe première. » Pas question, en revanche, d'en apprendre davantage sur les raisons ayant motivé la décision, sur le coût de l'opération (on parle d'environ 230 000 €) ou sur le nom du prochain entraîneur. « Demandez à Gentili... demandez à Dos Santos s'il a été contacté... ». Les réponses restent évasives.

Quelques minutes plus tard, les joueurs, malgré quelques consignes de « modération envers la presse », se montrent davantage bavards. « Les dirigeants ont pris une décision, ils assumeront leurs responsabilités », lâche Stéphane Odet, le capitaine.

Les visages sont crispés. Incontestablement, le large fossé qui, depuis cet été, sépare le comité directeur de l'équipe s'est encore creusé. « Nous sommes des joueurs pros dirigés par des amateurs, lance un joueur. Quel avenir pour ce club ? On vient d'enlever une nouvelle pièce à l'édifice. Alors, forcément, il ne peut pas être beau l'avenir ! De toute façon, ces gens ne connaissent rien au football. Le problème est antérieur à cette saison. Quand on veut faire un boulot correctement, il faut, avant tout, de bonnes structures. Ce n'est pas le cas de l'ASBO. » L'émotion est immense. Tendu, Tristan Lahaye accuse le coup. « Bati, c'est l'entraîneur qui m'a lancé. Tout ce qui arrive actuellement n'est pas de sa faute. »


L'intermittent du spectacle

Lorsqu'il a appris la nouvelle, Eugène Ekobo, lui, a pleuré. Le plus touché est sans doute Jean-Robert Faucher, l'adjoint, l'ami intime de Gentili, à qui le président a demandé d'assurer l'intérim. « Je suis l'intermittent du spectacle, clame-t-il. Je m'inscris dans la lignée de Bati et je n'ai aucune intention de prendre sa suite. »

Et puis, forcément, le nom du successeur potentiel est avancé. Arnaud Dos Santos ? Bruno Roux ? « Qu'on ne nous sorte pas quelqu'un du club, implore un joueur. Depuis six mois, certains parlent dans le dos de Gentili et ne rêvent que de prendre sa place. » Incontestablement, le malaise est profond. Depuis le début de la saison, joueurs et staff technique avaient créé une sorte d'union sacrée, à laquelle les dirigeants avaient vainement tenté d'adhérer. Les uns reprochent aux autres leur manque de résultats. Les autres soulignent les incohérences. Ce n'est que début novembre que les joueurs ont été présentés au comité directeur. Ce n'est que ces derniers jours, et donc plus de trois mois après la reprise du championnat, qu'ils ont reçu leurs chaussures à crampons.

Depuis de long mois, les joueurs fustigent leurs dirigeants. Et le limogeage de Gentili ne va certainement pas améliorer l'ambiance générale. Sandrine Lefèvre

29-11-03

(1) intermittent : terme synonyme de " Jean-Bernard" (pages Fantasy)

 

 

 

Un simple fait d'hiver ?

Elu président de l'ASBO en juillet,

J-L Aubry est aussi conseiller général de l'Oise.

Ce vendredi matin, à 11 heures, les Beauvaisiens ont appris officiellement que leur entraîneur était mis à pied. Jeudi, l'information a filtré avant même que le président ait eu la délicatesse d'annoncer l'information aux joueurs. Joints, jeudi dans la soirée, au téléphone, tous tombaient des nues. Le matin, lors de l'entraînement, tous ignoraient que Bati Gentili dirigeaient là sa dernière séance.

Il y a tout juste deux semaines, pourtant, au soir de la défaite contre Brest, interrogé au sujet de l'avenir de l'entraîneur, Jean-Louis Aubry se montrait ferme. « Bati Gentili, même s'il ne lui restait pas deux ans et demi de contrat, il serait toujours entraîneur. Ne me demandez pas le nom de son successeur, je n'en ai pas. »

Des propos ambigus Quelques minutes plus tôt, ce même président avait pourtant lâché un étrange « Bati Gentili est comme moi. Il sait lire les résultats.» Derrière ces mots, beaucoup ont immédiatement songé à une demande voilée d'un président qui espérait que son entraîneur prendrait ses responsabilités. « A ce moment-là, je ne savais pas que je le virerai aujourd'hui (hier, NDLR), se défend le président. Les résultats m'inquiétaient et je ne pouvais pas être satisfait. »

Jeudi midi, au terme de la séance d'entraînement, Jean-Louis Aubry et Michel Pincebourde, le président de la section professionnelle, sont allés s'entretenir avec Gentili. « On lui a remis une lettre en mains propres et on lui a signifié qu'il serait convoqué lundi soir a un entretien préalable au licenciement, précise Jean-Louis Aubry. On lui expliquera alors les raisons de notre décision. Même s'il n'y a pas eu de réunion, tous les membres du comité directeur sont d'accord. Nous sommes tous soudés. » Depuis de longues semaines, l'idée du limogeage de Gentili mûrissait dans la tête des dirigeants. Longtemps pourtant, ils ont estimé qu'une telle décision était impossible d'un point de vue économique, l'entraîneur étant sous contrat jusqu'en juin 2005.

 

Une décision qui va coûter cher au club

« Nous ne savons pas combien cela va coûter au club, poursuit Jean-Louis Aubry. Nous avons pris une décision et nous aviserons ensuite. » Toujours est-il qu'entre les trente mois de salaire qui restent à verser, les indemnités de licenciement et les éventuels demandes de dommages et intérêts, le renvoi de Gentili risque de coûter extrêmement cher à un club qui, durant l'intersaison, s'était fait épingler par la Direction nationale du contrôle de gestion. A moins que les dirigeants n'aient une faute grave à reprocher à leur désormais ex-entraîneur.

Longtemps mûrie, la décision a finalement été prise hier matin. Samedi dernier, l'équipe, même face à une modeste formation de CFA 2, avait obtenu son plus large succès de la saison. Une réaction d'orgueil qui n'a pourtant pas permis à Gentili d'éviter la guillotine.

 

Dos Santos arrive

A quiI va désormais incomber la lourde tâche de maintenir Beauvais en National ? Actuellement responsable du centre de formation, Bruno Roux semble être le successeur tout désigné. Seulement, l'ancien attaquant ne possède pas le diplôme (DEPF) requis pour entraîner une équipe de National. Plus probablement, il pourrait donc hériter du poste d'adjoint.

Arnaud Dos Santos pourrait donc être le futur entraîneur. Joint hier par téléphone, celui qui avait dirigé l'équipe entre 1984 et 1986 et qui l'avait d'ailleurs amenée de D 3 (l'actuel National) en Division 2 (appelée maintenant Ligue 2), a nié « tout contact avec les dirigeants », même s'il avoue se rentre « en ce moment régulièrement au stade Pierre-Brission » et être « actuellement en stand-by ». Dos Santos - Roux, deux hommes qui se connaissent bien puisqu'en 1985-1986, lors de la première saison de Beauvais en L 2, l'un était entraîneur, l'autre joueur.

Jeudi soir, Jean-Louis Aubry avouait « qu'aucune décision quant au futur entraîneur » n'était prise. Seule certitude, c'est, et à la demande des dirigeants, Jean-Robert Faucher, l'adjoint de Gentili, qui, cet après-midi, dirigera l'entraînement. C'est lui ausi qui demain soir à Reims dirigera l'équipe. Une « solution provisoire », selon Aubry qui devrait durer « entre huit et quinze jours ».

 

 

La légitime colère des joueurs

 

Jeudi soir encore, tous les joueurs ignoraient la mise à pied de leur entraîneur. Dans l'après-midi, Jean-Robert Faucher, l'adjoint de Gentili, les avait appelés un par un pour leur annoncer qu'une réunion se tiendrait ce vendredi matin à 11 heures, au siège du club.

« Je me suis inquiété, raconte l'un d'eux. Jean-Robert m'a dit que le président avait quelque chose d'important à nous dire. Je me suis dit soit le club dépose le bilan, soit Bati est viré, soit le président démissionne (...) C'est finalement pour Bati. On vient pourtant de gagner 3-0 en coupe. ».

« C'est dommage que la presse soit au courant et pas nous ! s'insurge un autre. Bati n'est pas responsable de la situation. C'était au club de nous donner les moyens de réussir. Reims était dans la même situation que nous. Seulement, là-bas, les dirigeants ont tout fait pour construire une bonne équipe. A Beauvais, c'est du n'importe quoi ! En plus, ils virent l'entraîneur à deux jours d'un match difficile. Je n'ai même pas envie d'y aller à Reims Ils vont se débrouiller avec leur club ! »

Un vent de révolte serait-il en train de souffler dans les vestiaires de l'ASBO ? Depuis le début de la saison, Bati Gentili et ses joueurs avaient créé une sorte d'union sacrée. Tous contre... les dirigeants du club, souvent montrés du doigt. « On s'attendait à ce que Bati se fasse virer. Entre les joueurs, on s'était d'ailleurs dit que si cela se produisait, on ferait quelque chose. J'espère que l'on va agir. »

La réunion, prévue en fin de matinée, entre le président et les joueurs devrait, si l'on en croit les joueurs, être particulièrement houleuse.

« On va leur dire ce qu'on en pense », promettent beaucoup d'entre eux. Simple menace ou volonté réelle de s'expliquer avec les dirigeants ? « De toute façon, ils peuvent virer Bati, cela ne changera rien. On est limités, on restera limités. Les résultats seront les mêmes. Le club va simplement continuer à s'enliser. » Généralement, lorsqu'un président limoge un entraîneur, il souhaite par cet acte créer ce que beaucoup appellent un « choc psychologique ». Jeudi soir, on songeait davantage à un cataclysme.

 

28-11-03

 

 

C'était le joker de Gentili

 

Bonnet d'âne la saison passée en Ligue 2, l'attaque beauvaisienne est on ne peut plus à la traîne cette année encore, avec huit buts seulement à son actif au cours des huit dernières journées. Trop peu pour espérer enchaîner des victoires. Côté beauvaisien d'ailleurs, les matchs se suivent et se ressemblent. L'équipe se crée invariablement des occasions, mais se montre incapable de les transformer.

Alors, Bati Gentili a décidé de jouer son joker en la personne de Charles Kokougan, l'ex-capitaine des jeunes Lensois, qu'il vient tout juste de faire (re)signer. Il devrait faire ses grands débuts dans le National face à Reims.

 

 

Kokou se rebiffe

 

Samedi dernier, en Coupe de France face à Mondeville (CFA2), le quart d'heure passé sur la pelouse par Charles Kokougan a visiblement marqué son nouvel entraîneur Bati Gentili. « Il a su encourager ses équipiers et les motiver pour qu'ils se surpassent. Nous avons besoin de joueurs comme lui qui ne sont pas marqués psychologiquement. »

A 21 ans, le néo-Beauvaisien n'a plus de temps à perdre s'il souhaite embrasser une carrière professionnelle comme il en rêve depuis son enfance. Repéré à l'école, il signe au CO Beauvais (moins de 15 ans), où ses qualités physiques et techniques impressionnent immédiatement.

Lors de détections avec la sélection de l'Oise et celle de Picardie, il est approché par Auxerre, le Red Star, Monaco, Beauvais et Lens et choisit de rejoindre le club nordiste sacré champion de France de Ligue 1. Il y passe cinq ans au sein du centre de formation et devient même capitaine de l'équipe des 17 ans Nationaux au poste de défenseur central.

Mais une blessure va remettre en cause son ascension. « J'ai souffert d'une hernie discale qui m'a tenu éloigné des terrains pendant un an et demi alors que je venais de signer un contrat espoir. Quand j'ai repris l'an dernier, j'ai fait la navette entre la réserve lensoise en CFA et l'équipe (c) en Division d'Honneur », explique avec amertume Charles Kokougan.

Laissé libre par le club nordiste fin mai, il envoie son CV à toutes les formations pro de Ligue 1 et 2 et décroche un essai à Lorient qui ne sera pas concluant.

Originaire de Chambly, ce joueur métis aux allures du chanteur Lenny Kravitz décide donc de retourner auprès de sa famille tout en effectuant un test à Beauvais qui se révèle positif. « J'ai toujours rêvé de porter le maillot à damiers (l'ancien maillot de l'ASBO). Depuis un mois, j'ai intégré le groupe pro de Bati Gentili mais j'évolue désormais au poste de milieu défensif. Ce n'est pas évident car c'est nouveau, mais tout se passe bien. D'autant que je veux à tout prix prouver à Lens qu'ils se sont trompés à mon sujet. Dominique Bijotat n'a pas été correct. »

Alors, aujourd'hui, il n'attend qu'un signe pour faire son apparition en National. « Pour rebondir en L 1 ou L 2, car je suis toujours ambitieux. Je donne tout pour cela, car je sais que le foot est ma voie. » Revenu aux sources pour se relancer, Charles Kokougan n'est pas prêt à abandonner son rêve.

Nicolas Maviel

 

 

Reims-Beauvais en 2002 : 0-0 à Delaune

 

Le coup d'oeil de Sandrine - Depuis le début de la saison, Sandrine Lefèvre suit l'ASBO pour le compte du "Parisien". Aujourd'hui, son jugement est aussi affûté qu'acéré. "A les voir évoluer sur cette pelouse de Pierre-Brisson, on se dit que les Beauvaisiens pourraient jouer des heures sans marquer le moindre but. Un sentiment d'impuissance terrible qui perdure. Les changements en attaque ne permettent pas de résoudre ce qui, au fil des matches, est devenu un véritable casse-tête. Contout est transparent, Thil toujours aussi mal à l'aise... Attendu comme le buteur de la saison, Larretchart ne s'est visiblement toujours pas acclimaté. Seul Jolibois apporte quelques notes positives".

 

Les Calaisiens débarquent - Philippe Brame (ex entraîneur et adjoint de Ladislas Lozano) en tête, c'est une délégation d'éducateurs et passionnés qui, samedi matin, prendra la route de Reims. Ladislas Lozano recevra personnellement ses amis calaisiens : discours de bienvenue, visite de caves, découverte des structures de Reims puis, vers 18h, arrivée à Delaune pour la préparation du match contre Beauvais. A suivre… P. C. (Calais)

 

Philippe Culnard (Calais)

 

 

 

Rétro 2002-2003

Reims-Beauvais   Beauvais-Reims

 

Un certain match de prépa

cd bonus : la voiture du Squale

 

 


"Vu des Tribunes" : l'actu du Stade - Rédaction-conception : Michel HAMEL