LIBOURNE - STADE DE REIMS : 1-0

Samedi 10 janvier 2004 - 21e journée du National - Arbitre : Gérald Grégoire

Roland VIEIRA, 67e

 

Erreur fatale

 

LE DIRECT

 

Bali : "Les médias sont sévères mais ils ont raison.

Cet incident de jeu m'a remis les idées en place. J'ai la rage".

Première mi-temps

Excellente prestation des Rémois en Gironde, où Amara Diané a été à quelques millimètres d'ouvrir la marque à la 43e, son ballon frappant le montant droit du poteau libournais. Cette action faisait suite à un coup-franc de Dambury aux 30 mètres, suivi d'un lob astucieux de Doukantié. Les Rouge & Blanc ont été très actifs en cette première mi-temps, laissant peu d'espaces à l'adversaire et se montrant notamment très incisifs côté droit par l'intenable Petitjean, bien soutenu par Comminges.

Pour autant, les Libournais ne s'en laissent pas compter et auraient pu, eux aussi, débloquer le compteur par leur nouvelle recrue, le Lyonnais Vieira. Mais Balijon se la joue "impérial" jusqu'à présent. Un match extrêmement ouvert où tout peut arriver... le meilleur comme le pire.

 

Deuxième mi-temps : le pire

Au vu de la première mi-temps, tout pouvait arriver dans cette rencontre. Même le pire ! Alors que les Rémois avaient pris la mesure de leurs adversaires, étaient omniprésents sur le terrain et avaient été tout près d'ouvrir la marque à plusieurs reprises par Moukila et Diané, c'est Libourne qui a débloqué le tableau d'affichage sur une énorme erreur d'Arnaud Balijon.

Alors qu'il s'était montré impérial en première période, le gardien stadiste a commis une faute grossière, relâchant dans les pied de Roland Vieira un ballon qu'il venait de capter dans les airs sur un centre anodin. L'attaquant libournais ne s'est pas fait prier : 1-0 pour les Girondins à la 67e, à la seconde même où, ironie du sort, Mohamed Haddadou refoulait une pelouse pour la première fois depuis six mois.

Les Rémois ne se remettront pas de ce coup du sort.

En collaboration avec M.C. à Libourne




La monnaie de la pièce

Après la Mayenne et une perf en Coupe à Laval, Reims avait rendez-vous sur les bords de la Dordogne pour bien poursuivre 2004. C'est forcément méfiant que les Stadistes étaient descendus dans le Sud-Ouest après la prestation libournaise du match aller.
Une impression confirmée dès les premières minutes. Les Bleus prenaient le match à leur compte, développant un jeu agréable, produisant de bons décalages avec des jeux en triangle, surtout sur le côté gauche. Ladislas Lozano avait innové à cet endroit, plaçant Dambury sur le flanc droit de sa défense.
Logiquement donc, c'est Balijon qui se retrouvait à l'ouvrage. Il boxait une volée de Thèze dès la 3e. Le portier était ensuite suppléé par un joli geste défensif d'Arnaud face à Viera au terme d'un mouvement à trois (19e).
Il y avait surtout une reprise du plat du pied du même Viera (oublié) nécessitant une horizontale de Balijon qui sauvait d'une manchette (25e).
Mais le Stade n'était pas absent des débats. S'il subissait Ð volontairement ? Ð, il n'en restait pas moins à l'affût, près à exploiter les ouvertures sur les ailes. Une passe en retrait mal assurée de Kouassi offrait à Diané une première occasion mais Daguet repoussait (14e). Puis Petitjean se procurait une triplette d'opportunités. Il ne parvenait pas à cadrer une difficile reprise sur centre de Doukantie (20e) avant d'être repris deux fois de justesse dans la surface (22e, 23e).

Plaisant
Le match de belle facture était plaisant à suivre et se déroulait dans un très bon état d'esprit. Les Pingouins continuaient de se procurer davantage d'opportunités. Balijon captait une tête de Viera (36e) puis sortait dans les pieds de Hadjerès (38e). Une frappe rasante de Castant frôlait le poteau (39e). Le gardien marnais préférait ensuite assurer en déviant en corner un coup de tête de Douence (40e).
Mais une fois encore, les Rouge et Blanc n'étaient pas en reste. Petitjean enroulait une frappe au ras de la barre (37e). Et Doukantie alertait Diané Ð couvert par Kouassi à la traîne Ð dans la surface. L'ex-Royen trouvait le haut du poteau sur son tir en pivot (44e).
Le coach stadiste revoyait la composition de sa défense à la mi-temps. Oliveras glissait à droite, Comminges passait dans l'axe à côté d'Arnaud, Létang surveillant le couloir gauche. Houche prenait position au milieu.

Balijon se loupe
Les Rémois débutaient bien le deuxième acte. Plus conquérants. Boutal échouait sur Daguet (48e). Diané débordait et centrait pour Moukila dont la reprise passait au-dessus (55e). Puis Boutal servait Diané mais Daguet déviait de ce qu'il fallait (62e).
Et parce qu'il n'y a pas forcément de logique dans le football, c'est ce moment que choisissaient les hommes de Jean-Marc Furlan pour ouvrir le score. Bien aidés, il faut le reconnaître, par Balijon. Impeccable jusqu'alors, le portier relâchait le ballon apparemment anodin sur un centre de Castant. Viera, opportuniste, le poussait au fond des filets (1-0, 67e).
Les Champenois poussaient ensuite mais en vain, en dépit d'un centre-tir de Doukantie de peu à côté (90e) alors que Castant avait raté le break sur une erreur de Cominges (80e).
Le Stade méritait certainement le nul. comme Libourne à l'aller. Les Dieux du foot seraient donc justes.
Christophe HEBERT

 

 

Libourne : "Même blessés, nous ne serons jamais morts"

 

Delchié face à Oliveras

Après leurs dernières pâles sorties à domicile de la fin d'année 2003 et leur défaite (2-0) en Coupe de France au stade Chaban-Delmas de Bordeaux, les hommes de Jean-Marc Furlan se devaient de réagir face au leader de National. Si un résultat nul face à l'équipe rémoise aurait été synonyme d'un sursaut d'orgueil, la victoire (1-0) des Pingouins fait figure de point d'honneur ou plus exactement de trois points bénéfiques pour un maintien annoncé.

Haut niveau

« C'est exactement ce que nous cherchions à faire ! clame leur mentor. Sur le plan local et national, nous avons prouvé qu'il faut toujours compter sur nous. Et que même si nous sommes blessés, nous ne sommes jamais morts » ! Ce n'est pas Ladislas Lozano qui contrariera son homologue. L'entraîneur champenois, au terme de la rencontre, vantait les qualités de ses hôtes et appréciait (malgré la défaite des siens) la teneur footballistique des débats. « Le public a pu voir un match du niveau du haut de tableau voire du niveau de Ligue 2. Nous avons perdu, c'est dommage. Nous sommes abattus car nous ne méritions pas de perdre. Je pense qu'un match nul aurait été plus logique. Les Dieux du football en ont décidé autrement ».
Ou plus exactement, une erreur technique de son gardien qui permettait à Roland Viéra, en embuscade, de reprendre le ballon relâché et de marquer le but de la victoire (1-0, 67e). Toutefois, la victoire des Pingouins ne se résume pas à l'opportunisme de l'ancien Lyonnais. Tant le jeu de part et d'autre n'était basé que sur la volonté d'obtenir le KO en prenant un maximum de risques offensifs. « L'à-propos n'était pas de notre côté », regrettait Ladislas Lozano, tandis que Jean-Marc Furlan se délectait, avec gourmandise, des attaques (plus particulièrement celles de la première période) de son équipe.

La défense résiste

L'avantage pris au tableau d'affichage, il fallait le défendre face à des leaders blessés et avides d'effacer la maladresse de leur gardien, excellent jusque là. Le jeu se cantonnait lors des vingt dernières minutes dans la moitié de terrain des locaux. Si tous les Pingouins jetaient leurs dernières forces dans la bataille, Laurent Delchié, inlassable besogneux du milieu de terrain, se mettait en évidence tout comme Jean-Baptiste Daguet qui continuait à interdire l'accès à ses filets. « Je savais que j'aurais un rôle décisif à jouer, qu'il y aurait quelques arrêts importants à faire. Mais c'est toute l'équipe qui a très bien fait son boulot. Nous pouvons tous être satisfaits de notre match face à une équipe de Reims qui a un fort potentiel tant offensif que défensif, qui est plus une équipe de L 2 que de National ».
Le portier girondin n'oubliait pas d'avoir une pensée sincère et corporatiste pour son vis-à-vis, avant d'apprécier les trois points d'une victoire qui conduit les Pingouins un peu plus loin sur la route du maintien. « C'est un objectif vital ! Ensuite, si le groupe continue à produire du jeu comme en première mi-temps, on peut espérer beaucoup ». L'appétit de Jean-Marc Furlan viendrait-il en gagnant ?

Frédéric BELLETTE


LES REACTIONS

Ladislas Lozano : « Ce fut un match de haut de tableau, près du niveau L2, très équilibré. On sait que ça se joue sur peu de chose. Il faut avoir la sérénité et la lucidité pour conclure. On n'a pas su le faire malgré de nombreuses occasions, l'a-propos n'était pas de notre côté. On a été sanctionné par une erreur mais qui n'en commet pas ? Notre gardien nous a souvent sauvé la mise en d'autres occasions, ça fait partie du football. On est abattus car on ne méritait pas de perdre, un nul aurait été plus logique ».

Jean-Marc Furlan : « C'est une grande joie et une grosse satisfaction pour les joueurs qui ont beaucoup travaillé. Il était important de prouver que nous sommes sur une bonne dynamique, que le match de Bordeaux (32e de Coupe de France) n'était qu'un accident de parcours. Ce fut fait grâce à de la volonté et de la qualité de jeu en première mi-temps. On fait rarement 90 minutes pleines d'autant que nous étions face à un adversaire de grande valeur ».

l'union - 11-01-03

 

 Le match aller

 

Vu des Tribunes : l'actualité du Stade de Reims - Rédaction-conception : Michel HAMEL

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