INTERIM

XAVIER DUDOIT, LE LUTIN LORIENTAIS

Bonne couverture de balle - Excellent dans les relances et dans la distribution - Travailleur dans la récupération

 

Le jeudi 23 janvier 2003, Lorient et Reims ont trouvé un accord sur le prêt de Xavier Dudoit au Stade jusqu'en fin de saison. Xavier Dudoit est sous contrat avec Lorient jusqu'en juin 2003.

 

photos fclorient.net

 

Dudoit, un joueur qui a du "toucher"

 

 

Dudoit contre Ronaldhino en avril dernier au Parc.

Ce jour là, Lorient avait sorti les Parisiens de la Coupe de France. photo fclorient.net

 

1m65 pour 64 kg. Né le 29 juillet 1975 à Thouars, l'ex-n°18 de Lorient n'est pas à proprement parler un joueur physique. Son principal défaut est d'ailleurs de manquer de puissance. En revanche, il compte bien des qualités, la première d'entre elles étant "d'avoir du ballon". Un excellent potentiel technique qui est doublé d'une grande faculté de polyvalence.

Xavier Dudoit peut jouer à la fois n°10, milieu droit ou arrière droit, même s’il avoue ne pas aimer ce poste auquel l’employait parfois Lorient. Son souhait principal reste de « jouer dans l’axe ».

En fin de contrat avec Lorient, Xavier Dudoit sera donc libre en fin de saison. C'est un bon technicien de L2 qui a joué un rôle prépondérant dans l’accession de son club parmi l’élite en 2000 (35 matches en tant que titualire). Initialement, les Merlus n'avaient pourtant pas recruté ce joueur au long passé amateur dans l'optique de le titulariser. Mais son engagement, la qualité et son jeu et sa technique ont fait la différence. Dudoit a "explosé" cette année là.

En revanche, il a montré ses limites à l’échelon supérieur, ne disputant que 8 matches en L1 avec les Merlus. Il pensait se relancer en L2, mais l’entraîneur actuel des Merlus avoue « préférer les joueurs physiques aux joueurs de petite taille ».

- Xavier Dudoit a un fils de quatre ans : Axel.

 

 

"Une excellente recrue..."

 

Voilà ce que pensent les Lorientais de leur "petite" perle

"Je le connais personnellement et j'aime bien ce joueur technique, milieu de terrain défensif. C'est un battant et son état de forme est bon. Pour Xavier Dudoit, c'est compliqué d'avoir une place de titulaire avec un entraîneur qui n'aime pas trop les joueurs de "petite taille". Vous avez là une bonne recrue, véritable révélation de la saison 2000/01 en D2 avec Lorient. Il aime jouer dans l'axe mais il est assez polyvalent (milieu droit, défenseur droit, N°10). Il est aussi irréprochable à l'entraînement... Conclusion: une excellente recrue pour vous." fclorient.net

 

 

"Je suis un gagneur"

Avec Ulrich Le Pen photo fclorient.net

Vous souhaitez vous relancer grâce à ce prêt à Reims.
« Je ne considère pas cela comme un prêt dans la mesure où je suis en fin de contrat avec Lorient et que je n'y retournerai sans doute pas. J'ai signé pour six mois, on verra par la suite. Avec le Stade, je veux retrouver du temps de jeu. C'est un challenge intéressant, en adéquation avec mon tempérament du moment : j'ai faim, j'ai envie de jouer. Et là il va falloir s'arracher pour se maintenir. »


On loue chez vous votre polyvalence.

« C'est une de mes qualités, même si pour moi, ce n'en est pas toujours une. Mais c'est vrai que j'ai été utilisé un peu à toutes les sauces. Ainsi à Lorient, j'ai débuté comme milieu relayeur puis j'ai évolué dans le couloir droit et comme arrière droit et gauche. »


Vous n'étiez pas du groupe lorientais vainqueur (3-1) en ouverture de la saison à Delaune, que savez-vous de votre nouvelle équipe ?
« J'ai joué contre Reims en National quand j'étais à Thouars qui avait perdu ici et gagné à domicile. J'arrive dans un club chargé d'histoire, c'est assez attirant. Sinon cette saison, j'ai vu deux matches du Stade à la télé. J'ai eu le sentiment que la qualité des prestations n'était pas en rapport avec le classement du club mais c'est toujours difficile de se faire une véritable idée sur deux matches.
Là, l'équipe reste sur deux bons résultats consécutifs. Le but, ça va être de prolonger cette série, sans s'enflammer. C'est ce que disent les gars, il faut rester humble. Nous allons disputer quatre matches en moins de quinze jours, c'est intéressant quand on est sur une bonne dynamique. C'est une période importante. L'idéal serait de s'extirper de la zone rouge pour pouvoir jouer avec moins de crispation. »


Physiquement, où en êtes-vous. Le fait de ne pas avoir beaucoup joué n'est-il pas pénalisant ?
« Non, je suis bien car j'ai un tempérament de gagneur et de bosseur. J'ai fait les efforts nécessaires à l'entraînement. Après c'est surtout au niveau mental que ça se joue, quand on a envie, on arrive à dépasser ses limites. Je ne me fais pas de souci à ce niveau. J'ai simplement hâte de retrouver la compétition.»
Recueilli par Christophe Hébert (27-01-03 - extraits)

 

 

 

LA CARRIERE DE XAVIER DUDOIT

MATCHS
BUTS
Xavier Dudoit a le sentiment d’avoir « perdu du temps » en prenant de longs chemins de traverse, passant par Vitré (quatre ans en National 2) puis Thouars (trois saisons en National) avant de remonter dans un train professionnel dont Rennes ne l’avait pas jugé digne au sortir des juniors, alors pourtant qu’il avait fréquenté l’équipe de France de la catégorie.
93-97
Vitré
National 2
-
-
97-98
Thouars
National
-
-
98-99
Thouars
National
-
-
99-2000
Thouars
National
-
-
2000-2001
Lorient
D2
35
5
2001-2002
Lorient
D1
8
0
2002-2003
Lorient
L2
3
0

 

 

 

Etats d'âme

Retour à la case départ pour l'intérimaire du Stade

 

23-05-03 - La fête était programmée de longue date. Ce dernier récital chez les Merlus, c'était son rendez-vous. Six mois à œuvrer pour sauver le Stade de Reims de la relégation et un retour en forme d'apothéose à Lorient déjà nanti de son ticket pour la Ligue 1 : cette ultime confrontation devait prendre la forme d'un jubilé.
Mais les plus belles histoires s'accommodent parfois mal à la réalité sportive.
Si Xavier Dudoit défiera bien ses ex-coéquipiers ce soir, ce ne sera pas dans le chaleureux contexte dont il avait rêvé.
Pis, c'est sans doute une soirée cauchemar qui attend les deux équipes : la relégation en National pour son club adoptif, la place du cocu (la 4e) pour son club d'origine. Bref, tout est bien qui finit mal.
« Je m'attends à un match tendu, bizarre sans doute. Nous, on y est habitué. Depuis quelques mois nous ne livrons que des rencontres de ce type où nous n'avons pas le droit à l'erreur. Une situation qui modifie forcément l'approche psychologique d'une partie ».
Le voilà de retour dans son « pays », lui l'intérimaire rouge et blanc qui, en six mois, en a vu des vertes et des pas mûrs. « Ce passage à Reims n'a pas été une réussite, je suis le premier à le reconnaître ».
Comme les autres Stadistes, il digère mal la dernière sortie à domicile contre Toulouse. « La déception est énorme. Je pense que nous avons tout entrepris pour forcer le destin. Mais je suis conscient que le maintien ne s'est pas joué sur ce match-là. Nous avons eu plusieurs occasions d'engranger des points qui nous manquent. »


« Je me sens un peu responsable »
Le discours est limpide, dépourvu d'animosité : « Je suis très déçu de notre parcours. Même si je ne suis arrivé qu'à la trêve, je me sentais très impliqué par ce challenge. J'étais d'ailleurs venu pour ça. Je ne peux pas être satisfait ».
Son arrivée au Stade avait fait naître un réel espoir de renouveau au sein d'une troupe torturée par ses propres doutes.
Ses huit matches joués en D1 et ses 41 apparitions en D2 faisaient de lui l'élément d'expérience espéré pour relancer le moteur rouge et blanc.
Manifestement, son adaptation fut imparfaite.
« Je ne pensais pas mettre les pieds dans une équipe aussi particulière et j'estime n'avoir pas été mis dans de bonnes dispositions pour m'exprimer totalement. J'ai vraiment vécu six mois très pénibles. »
Le Thouarsais, ancien international cadet, s'est senti démuni dans un contexte qui ne convenait pas à sa personnalité et à ses ambitions : « Sincèrement, je pensais apporter beaucoup plus. Je me sens un peu responsable de cet échec collectif ».
Va-t-il jusqu'à regretter son choix ? « Non, car il y a toujours du positif à tirer d'une expérience de ce genre. Je sais me remettre en question. Non, j'étais venu pour réussir, mais des éléments extérieurs sont venus perturber mes ambitions ».


La polyvalence est son arme.
Du haut de ses 165 centimètres, Xavier Dudoit porte un regard lucide sur une situation interne qui lui a semblé incontrôlable.
Sans se départir de sa gentillesse, il a su se rendre disponible. Sa polyvalence a été sa meilleure arme, comme vendredi dernier lorsqu'il dut remplacer à la hâte Sébastien Gondouin blessé, sur le flanc gauche de la défense : « Je ne me pose pas de question. Je suis là pour jouer, pour aider ».
Ce soir, il ne fêtera donc pas son retour à Lorient, « un coin où j'ai de solides attaches, un club avec lequel j'ai tout connu : une montée, trois mois sans jouer, une Coupe de France, une finale de la Coupe de la Ligue, et même la Coupe d'Europe ». Cette semaine, ses copains merlus lui ont confirmé qu'il préparait cette rencontre avec le plus grand sérieux : « Ils sont motivés. Ils avaient un groupe pour accéder en L1 ».
En fin de contrat avec l'équipe bretonne, parvenu au bout de son « prêt » à Reims, Dudoit disputera « ce match particulier » avec l'objectif « de prendre les trois points », histoire d'arracher une hypothétique 18e place.
Avant, sans doute, de rechercher un environnement plus propice à son épanouissement.
Gérard KANCEL