STADE DE REIMS - TOULOUSE : 0-1

Vendredi 16 mai 2003 - Stade Auguste-Delaune - 37e journée de L2 - Arbitre : M. Layec

DIDOT (75e)

 

 

Reims dernier de Ligue 2

 

Cette fois, on ne peut même plus rêver. Après ce petit hold-up toulousain, le Stade est scotché à la dernière place à une journée de la fin, et l'on voit mal comment il pourrait la quitter. Et, sauf concours de circonstances exceptionnel, encore moins comment il pourrait accrocher cette fichue 18ème place synonyme de bouée de sauvetage. Au moment où l'on commence à sussurer dans les couloirs de la Ligue que la 19ème n'est pas forcément un toboggan obligatoire pour le National, c'est d'autant plus rageant. Tout ça pour rien (l'union)

 

Hier soir, tout a basculé en quelques instants, en fin de match, au moment même où le Stade semblait avoir pris la mesure de son adversaire et que tous les voyants étaient au vert. Wasquehal et Créteil étaient alors menés par deux buts d'écart et Beauvais en était réduit à un score de parité. Seul un petit but manquait aux Rémois pour qu'ils réalisent la bonne affaire de la soirée.

Sans un Christophe Revault exceptionnel, à trois reprises les Stadistes auraient d'ailleurs pu faire céder les Toulousains, repliés en défense.

- 68e : Mohamed Haddadou, collé à son aile droite, centre au deuxième poteau. David François, remarquable pour ce qui était peut-être son dernier match à Delaune, se jette. Reprise de volée du gauche à ras de terre. Revault repousse du genou. La balle heurte le poteau.

- 70e : Haddadou délivre un nouveau ballon en or dans la surface. Stéphane Laquait surgit mais sa reprise smashée en pleine course est détournée par Revault.

- 72e : Prunier fauche Gaston Diamé à l'entrée de la surface. Frappe sèche de David François sur le coup-franc. La balle perfore le mur. Revault parvient à la sortir au prix d'une parade-réflexe.

A cet instant, dans les travées subitement enthousiastes de Delaune, chacun s'est repris à y croire. Simple illusion. Un contre assassin, rondement mené par Emana sur l'aile droite, brise tout espoir. Centre au deuxième poteau et Didot, abandonné dans la surface par la défense rapiécée du Stade, place sa tête comme à l'entrainement. Tingry et les Rémois sont crucifiés.

Dans le même temps, Créteil, Wasquehal et Beauvais inversent la tendance. C'est fini. Le Stade est en National.

 

François vide son sac et range ses affaires

 

Ca va trancher !

 

 

Gaston Diamé : " Un peu trop tard " - " Beaucoup de regrets. On développe un bon jeu, mais ça arrive un peu trop tard. On se devait de tout donner mais on n'a pas été récompensé. Revault fait un grand match. La montée en L1, il le mérite ".


Olivier Tingry : " Manque de réalisme " - " Il fallait tout mettre en œuvre pour gagner. On fait un match plutôt correct mais nous n'avons pas eu le réalisme de Toulouse. Cette rencontre est à l'image de notre saison ".


Wilfried Bertrand : " Notre sort est scellé " - " Je crois avoir joué libéro une seule fois En Coupe de France à Epernay, il y a deux ans. Ca s'est bien passé même si le résultat est décevant. Sur le but, je crois qu'on fait une erreur de placement collectif. A 99 %, notre sort est scellé ".


Ludovic Liron : " La tête haute " - " Nous n'avons pas grand-chose à nous reprocher ce soir. Nous quittons la Ligue 2 la tête haute et avec des regrets car le maintien était à notre portée. Tout semblait liguer contre nous, mais on peut terminer sur une note positive en allant arracher la 18e place à Lorient ".


David François : " Pas de chance " - " Ce résultat est une déception car nous méritions la victoire. Toulouse était venu pour prendre un point et s'était organisé en conséquence. La chance n'était pas avec nous, cette part de chance qui accompagne les équipes qui jouent la montée. A Lorient, ce sera dur, mais on a encore une petite chance d'accrocher la 18e place ".


Denis Goavec : " Une belle copie " - " Il y a tout eu sauf l'efficacité. Malgré cette malchance qui nous poursuit depuis plusieurs mois, nous avons rendu une belle copie, le jeu proposé était cohérent. Toulouse, a réalisé le hold up parfait et, s'il ne devait pas de l'emporter ce soir, mérite de monter en L1 sur sa saison ".

 

 

 

 

L'AVANT-MATCH

 

Le sacre de Toulouse - « Cette fois, c’est la bonne », pensent certainement les responsables d’Eurosport. Il semble que les Toulousains soient enfin en mesure d’empocher le point qui leur manque face à une équipe rémoise qui, cette saison, n’a presque connu que la zone rouge par la faute d’un parcours insuffisant à domicile. Les caméras s’apprêtent à filmer les scènes de joie des Méridionaux, sans doute arrosées à l’aide du pétillant nectar local… Dans le même temps, on risque de voir à l’écran les mines dépitées des Rémois, pour qui une non-victoire équivaudrait presque à coup sûr à une relégation.

Gageons que le public de Delaune, et surtout les joueurs, n’ont pas envie d’assister à un tel spectacle. Surtout quand on sait que Reims avait supplanté cette même équipe de Toulouse au classement du championnat National, l’an passé. La perspective de retarder d’une journée le sacre annoncé du Téfécé, tout en insufflant un formidable espoir au public présent, n’est pas la moindre des motivations pour les joueurs.

Le maintien est possible, mais la tâche sera rude car, paradoxalement, cette victoire tant attendue pourrait rendre le dernier match encore plus périlleux. Par un hasard du calendrier, des victoires de Reims et de Lorient relanceraient totalement les Bretons pour une dernière rencontre Lorient-Reims qui deviendrait alors cruciale pour les deux équipes.

Cependant, si le calendrier n’a guère aidé le Stade cette saison, l’heure n’est plus à se lamenter. Les Stadistes auront bien le temps de le faire en cas de descente. Il ne sert plus à rien de chercher des excuses. Il faut positiver. Créteil a profité de la blessure de Tingry (causée par un de ses joueurs) pour creuser l’écart avec le Stade ? Raison de plus pour les « coiffer sur le poteau ». La défense rémoise est décimée ? Et si cela incitait les Rémois à s’installer résolument dans le camp d’une équipe toulousaine qui risque d’avoir du mal à choisir sa tactique (un nul lui suffit) ?

Notons enfin que pour la première fois depuis fort longtemps, le Stade de Reims n’a pas réussi au cours de la saison un seul « très gros match », comme elle avait su le faire régulièrement par le passé (Reims-Rennes, Reims-Bastia, Reims-Sedan… Reims-Créteil !). La réception de Toulouse est donc l’occasion idéale de combler ce manque. À condition que générosité ne rime pas avec naïveté, le Téfécé étant habile en contres.

Depuis la trêve, la descente de Reims, tout comme la montée de Toulouse, semblent des faits acquis pour bien des observateurs du monde du football. Il reste aux Rémois deux « matches de coupe » pour briller, individuellement et collectivement, et signer un exploit qui figurera en bonne place dans les journaux du 24 mai, à côté bien sûr de la montée du Téfécé. Emmanuel BIBAULT

 

Un match aller frileux

 

 

Petit bras contre bras de force

 

Au moins Denis Goavec n'a-t-il pas été surpris quand le grand Stade de Reims a fait comme les autres cet automne, en virant Marc Collat, celui qui l'avait sorti du néant : le nouvel entraîneur champenois n'a eu que le maintien du promu comme seule et unique préoccupation.

Et voilà qu'au moment où la DNCG pourrait rétrograder plusieurs clubs de L2 (Châteauroux, Valence et Créteil entre autres), Reims n'est plus qu'à trois points des Cristoliens et de cette dix-septième place qui pourrait rapporter gros bientôt.

De quoi fourbir les armes rémoises, si l'on en juge par ce qu'a dit M. Goavec : " nous sommes sur une dynamique positive et Toulouse dans une spirale négative. Tout grands champions qu'ils sont, ils ont du mal à jouer les balles de match… "

Et vlan pour le pedigree téféciste, quelques jours seulement après que la cérémonie des Oscars, pourtant favorable aux Violets, a distillé quelques commentaires caustiques, du style " ils jouent petit bras " et autres, restons polis.

A deux journées de la fin du championnat, il manque en effet toujours un point aux hommes de Mombaerts pour signer un bel exploit, car il est préférable de partir du principe que Lorient fera le plein sur ses deux rencontres. " À voir la façon dont jouent contre nous les équipes qui n'ont plus rien à jouer, on ne sera pas surpris, car on ne peut pas l'être, par des adversaires surmotivés ", remarque d'ailleurs l'entraîneur toulousain, à propos de son adversaire champenois, ce soir.

Bleu de chauffe

Mais si les Téfécistes tendent l'autre joue, on ne peut quand même pas en vouloir à leurs adversaires de se rapprocher, et d'engranger les points quand ceux-là cultivent la désillusion (même avec circonstances atténuantes) depuis plus de trois semaines désormais.

Plutôt que de se perdre en supputations de tout poil (supposons un instant que Reims et Lorient gagnent ce soir, alors qu'ils se retrouvent la semaine prochaine pour l'ultime levée, en Bretagne...) il est temps que le TFC remette le bleu de chauffe et le turbo, que les joueurs retrouvent cette rage d'être meilleur que l'adversaire qui leur a permis de gagner tant de matches cette saison. Et, si les pépins s'accumulent (saison terminée pour Dieuze et Lièvre), malgré le retour dans le groupe de Nabil Taider remis de sa fracture d'un orteil, il faut s'en servir comme d'un moteur, d'un aiguillon à cette fierté née de l'adversité qui leur a fait attaquer plus d'une montagne avec une cuillère à dessert…Patrick BOUDREAULT

 

 

Les pylônes de la discorde.

Que la fête commence !

 

Contrairement à Reims-Laval (la plus faible affluence de la saison), la diffusion télévisée de Reims-Toulouse ne fera pas chuter la fréquentation à Delaune. Les locations ont même commencé sur les chapeaux de roues avec près de 700 places vendues dès le premier jour.

 

Les collectivités locales derrière le Stade
Pour ce match prestigieux - et ô combien important - les collectivités locales apportent leur soutien au Stade. Le Conseil Régional sponsorise la rencontre : 30 bannières publicitaires réparties autour du terrain et 300 places (redistribuées aux enfants) réservées en Tribune Sud. Les clubs de la région seront également solidaires des Stadistes : 120 jeunes seront derrière les buts (dont 60 du club de Saint-Anne). Enfin, les Latérales (de chaque côté de la Méano) ont été achetées par la Ville et devraient être pleines à craquer.

 

Quand Eurosport prend les choses de haut
En revanche, la décision de retransmettre la rencontre a été prise dans la douleur, ce qui explique les rumeurs qui ont circulé lundi, faisant état d'une possible retransmission de Reims-Toulouse puis d'une diffusion de Grenoble-Le Mans. D'un duplex enfin.
En réalité, lors de la visite de repérage, les techniciens d'Eurosport ont constaté que les pylônes d'éclairage provisoires, installés en mars,
masquaient une partie du terrain et notamment les buts. Ils ont alors exigé la mise en place d'une nacelle de 15m² pouvant s'élever à 6 mètres de haut. La Ville n'ayant pas répondu favorablement à cette demande, Eurosport a, dans un premier temps, décidé de renoncer à retransmettre le match. Ce qui n'a pas été du goût de la Ligue… qui a refusé toute autre retransmission en principal. En final, deux nacelles (prises en charge par Eurosport) seront placées de part et d'autre de la tribune présidentielle désaffectée. La fête ne sera pas ternie et le confort des téléspectateurs préservé.