STADE DE REIMS - SAINT-ETIENNE : 1-0

Mercredi 22 janvier 2003 - Stade Auguste-Delaune - 22e journée de Ligue 2 - Arbitre : M. Lannois

PICKEU (3e)

 

Reims n'est plus relégable

15e avec 22 points : Saint-Etienne (-2), Caen (-4), Reims (-5), Istres (-17)

 

Volonté, détermination, engagement et... soutien inconditionnel du public qui, cette fois, a pleinement joué son rôle de "douzième homme". En final, la récompense sous la forme d'une victoire. La première depuis le 2 novembre dernier.

Mais la route du maintien est encore longue. Dès mercredi, les Rémois seront en lice à Niort (l'une des équipes en forme du moment) avant de recevoir Wasquehal trois jours plus tard.

 

Denis Goavec : "Plus que la victoire, c'est la manière qui me réjouit. Les joueurs ont montré beaucoup d'allant. Nous avons sorti le grand jeu pour remporter une victoire logique. Le collectif a bien fonctionné. C'est intéressant de vaincre dans la douleur. Ce fut un gros match. Ce soir, pour Reims, c'était une question de vie ou de mort."

 

Un parfum de nostalgie a inondé un stade Auguste Delaune en plein chantier jusqu'en 2007. Mais c'est bel et bien un duel des mal classés de L2 qui attendait la troupe de Frédéric Antonetti. Gonflés à bloc par leur succès, samedi dernier, en Coupe de la Ligue face au Mans, les Stéphanois avaient une bonne carte à jouer. Ils avaient bien l'intention de faire mentir leurs statistiques peu flatteuses à l'extérieur. Pour concrétiser ces bonnes intentions, le coach stéphanois avait décidé de renouveler sa confiance à l'équipe victorieuse du Mans à deux exceptions près. Dogbé et N'Dour étaient préférés Hellebuyck et Mendy

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Pickeu : un seul but... mais en or

 

Reims marque d'entrée
D'entrée, le ton était donné. Après un coup d'envoi donné par Georges Beretta et Georges Lech, Reims fut immédiatement dangereux. Une frappe rasante de Laurent fit se détendre Jérémie Janot (1e). Une minute plus tard, le gardien stéphanois ne put que constater les dégâts. D'un joli retourné acrobatique sous la transversale, Pickeu fit trembler les filets stéphanois (2e).
Confrontée au pire scénario, l'ASSE avait bien du mal à retrouver ses esprits. Son évidente volonté d'aller rapidement vers l'avant était handicapée par trop d'approximations. Côté rémois, Pickeu, à surveiller comme le lait sur le feu, donnait du fil à retordre à la défense stéphanoise. Au fil des minutes, le duo Chavériat-Compan trouvait ses marques. Ce dernier se présenta seul devant Tingry mais perdit son duel (15e).

 

Compan sur le poteau
Le ballon circulait de mieux en mieux entre les Stéphanois. Un coup de tête de N'Dour alla mourir au ras du poteau (21e). Clairement, les Verts avaient pris la direction des opérations. Reims procédait par contres. Sur l'un d'eux, Pickeu fit briller Janot (35e). Pas de quoi décourager l'équipe stéphanoise. Compan s'offrit la plus belle occasion de la première période mais sa frappe croisée échoua sur le poteau (37e). Les duels étaient nombreux et âpres.

Antonetti : cette fois, le doute n'est plus permis.

Reims est vraiment sa "bête noire".

 

L'ASSE domine sans égaliser
Au retour des vestiaires, Reims repartait à 100 à l'heure. Un déboulé spectaculaire de Haddadou fut terminé par une tentative un peu trop croisée (49e). Après avoir laissé passé l'orage, les Verts tentaient d'enclencher le turbo. Un coup franc vicieux fut repoussé à la va-vite par Tingry (55e). Deux minutes plus tard, le gardien rémois dut se coucher sur un coup de tête de Chavériat. L'intensité avait encore monté d'un cran. Le KO pouvait venir d'un côté comme un autre mais l'équipe rémoise, vaillante, s'accrochait à son maigre butin. Après une bonne remise de Chavériat, Compan expédia un missile trop aérien (72e).
A force de camper dans le camp adverse, l'ASSE se donnait d'avantage de moyens d'égaliser. Une reprise à bout portant de Carteron fut repoussée par Tingry (77e). Un nouveau coup franc de Hellebuyck entraîna un instant de panique dans la défense rouge et blanche qui tenait toujours bon. L'ASSE multipliait ses efforts sans parvenir à ses fins. Pourtant ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. Si les Verts n'ont pas à rougir, cette défaite complique encore un peu plus leurs affaires comptables.

 

 

LES VERTS N'ONT PAS VU LE MÊME MATCH

Frédéric Antonetti : "Du hourra football" - "Nous nous sommes donnés, d'entrée, un handicap. Encore une fois, nous perdons 1-0 à l'extérieur en ayant eu 5 occasions très nettes (3 sur coups de pieds arrêtés, 2 dans le jeu). Nous avons beaucoup de regrets. Les joueurs ont affiché beaucoup de volonté de revenir au score. Reims a joué un football hourra en misant sur l'engagement physique et de longs ballons et nous n'avons pas su nous adapter. Nous avons manqué d'efficacité. Nous sommes tous déçus mais je ne suis pas inquiet."

Eduardo Oliveira : "Une équipe physique" - "A l'extérieur, nous avons toujours des difficultés à entrer dans les matches. Ce soir, sur un terrain délicat, ce fut difficile de revenir au score face à une équipe physique comme celle de Reims. Nous étions déjà mal classés et nous perdons des points face à un concurrent direct. Cela ne sert à rien de gagner des duels si, au bout du compte, on perd le match."


C'était dans le Chaudron...

 

 

LE DIRECT

- Initialement annoncés comme titulaires, Boniface, Frétard et Verschave sont relégués sur le banc. Laurent, Laquait et Pickeu les remplacent dans le Onze de départ.

- 3e - Reims - Saint-Etienne : 1-0 - Goavec a été très inspiré dans ses choix. C'est le moins que l'on puisse dire. A la suite d'un coup-franc, Olivier Pickeu est à la retombée du ballon qu'il expédie au fond des filets stéphanois. C'est le TOUT PREMIER BUT du n°27 rémois depuis son arrivée en Champagne en août dernier.

- 15e : Premier quart d'heure équilibré à Delaune, mais les Stéphanois montent en puissance. La menace Compan se fait plus pressante et, par deux fois, Olivier Tingry doit se manifester avec autorité.

- Première mi-temps animée où les Rémois ont eu par deux fois l'occasion de doubler la mise.

- A la 35e tout d'abord. Après avoir été idéalement décalé par Elouaari, Pickeu se retrouve seul aux 18 mètres face au gardien stéphanois. Plutôt que de s'avancer, il choisit de tirer mais Janot n'a aucune peine à capter cette balle trop molle.

- En toute fin de première période ensuite, lorsque Bertrand - décalé à la suite d'un corner - se retrouve lui aussi, seul face au gardien stéphanois. Mais, il croise trop sa frappe... au grand désespoir du public.

Gare aux regrets, car Compan a donné la réplique côté stéphanois... juste après l'action manquée par Olivier Pickeu. Sur la contre-attaque, son tir croisé a frappé le montant intérieur de la barre pour finir sa course dans les bras d'Olivier Tingry.

- 46e : Premier remplacement côté rémois. Laquait laisse sa place à Frétard.

- 60e : Reims continue à gâcher les occasions de but. Par Elouaari qui oublie Pickeu, idéalement placé, pour tenter sa chance. Mais sa frappe trop molle n'inquiète par le portier stéphanois. Par Liron ensuite, qui frôle le cadre sur un coup-franc aux 25 mètres. Par Haddadou enfin qui croise trop sa frappe après avoir passé en revue toute la défense stéphanoise. Janot était battu.

Reims a ensuite souffert le martyr devant les coups de boutoir des Stéphanois, mais le groupe a tenu... même si la victoire s'est jouée sur le fil du rasoir. Dans les toutes dernières minutes, Patrice Carteron, à la suite d'un coup-franc, a eu la balle d'égalisation au bout du pied. Mais, il avait devant lui un très grand Tingry.

L'essentiel est acquis. Ce soir, les Rémois ne sont plus relégables alors que l'on craignait, au contraire, de les voir distancés au classement fin janvier. Ils ont pu savourer brièvement cette victoire avec le public car, dès demain, Denis Goavec les remettra au travail. Prochaine étape de ce marathon pour le maintien : Niort le 29 janvier. Des Niortais qui viennent de s'imposer 3-1 à Istres.

 

 

Goavec : "Se faire mal avant de se faire plaisir !"

 

L’entraîneur rémois, arrivé mi-décembre en remplacement de Marc Collat, ne nie pas que son équipe négociera «un tournant, sinon décisif, tout au moins important de la saison» ce soir, face aux Stéphanois.


l'union

Denis Goavec, vous avez pris en main une équipe rémoise en difficulté. C’est une mission difficile qui vous a été proposée.
S’il y a changement d’entraîneur, c’est que la situation du club est délicate. Je suis conscient que la tâche n’est pas facile mais elle ne me semble pas insurmontable pour autant.
Vous avez trouvé une équipe en difficulté.
Le groupe a été un peu fragilisé par son début de saison. Il est parfois passé tout près de la victoire mais à chaque fois, il y a eu un petit contretemps, causé par une faute d’inattention. Le but du jeu désormais est de renforcer ce groupe en axant le travail sur l’état d’esprit, la concentration. C’est très important à ce niveau là car lorsque l’équipe perd son attention, elle peut perdre pied aussi. Il faut rectifier le tir.
En somme, elle manque d’expérience.
Certainement, nous avons perdu des matches de manière rocambolesque, sur des buts gag. L’expérience nous a fait défaut dans ces moments là, l’intuition également.
Reims marque peu de buts. C’est une lacune difficile à combler.
Marquer, c’est la finalité du football, donc le plus difficile à réaliser. Cela dit, je ne me fais pas de souci sur ce plan là. Il faut trouver une réponse collective à ce manque d’efficacité. Nous devons être meilleurs collectivement dans le jeu afin que nos attaquants soient mieux servis.
Vous avez recruté Verschave, l’ex-attaquant de Clermont. Allez-vous vous renforcer encore ?
J’aimerais bien trouver un joueur polyvalent pour avoir plus de solutions mais ce n’est pas simple. Il faudrait dégraisser l’effectif qui est riche en quantité. J’aurais préféré avoir moins de joueurs.
Comment comptez-vous mener à bien cette opération maintien ?
Produire du jeu doit être une finalité mais avant, il doit y avoir une rigueur, une discipline, une organisation. Il faut se faire mal avant de se faire plaisir. Les joueurs doivent comprendre que l’on ne peut pas bien jouer au football si l’on n’a pas le ballon.

l'union
Votre équipe vous semble-t-elle en progrès ?
Dans le jeu, non. C’est encore insuffisant. Au niveau mental, peut-être. Du fait que nous sommes revenus au score au Mans, qui est leader. C’était une première en ce qui nous concerne.
Ce nul face au leader est un encouragement, tout de même ?
Le Mans n’avait jusqu’alors concédé qu’un nul sur sa pelouse. En y parvenant après être revenu au score, mon équipe en est sortie plus forte. Plus que le point acquis, c’est la manière avec lequel il l’a été. C’est le fait d’avoir poussé Le Mans au cours d’une seconde mi-temps plus riche. Il était important de se rassurer quant à notre capacité à marquer à l’extérieur.
Rencontrer les Verts, en dehors de la connotation nostalgique, ça revêt une importance particulière ?
C’est un match qui sera pas forcément décisif mais ça peut être un tournant dans la saison. Car pour se maintenir, il faut gagner à domicile. Nous restons sur un bon nul au Mans, Saint-Etienne est classé trois points devant nous, fait partie comme nous des candidats au maintien, il est donc indispensable de réussir un match référence, un match plein, ce que nous n’avons pas su faire jusqu’à présent. Contre Saint-Etienne ou un autre, ce n’est pas le problème. Maintenant un Reims-ASSE, il n’y en a pas eu depuis longtemps.
Les deux clubs ont une particularité commune. Celle d’avoir à assumer un statut de club mythique.
On sent un engouement exceptionnel à Reims, même si le club revient de l’enfer mais l’héritage est plus lourd à porter pour Saint-Etienne et je comprends leurs difficultés. Reims, ça date de mes premiers pas tout court. Saint-Etienne de mes premiers pas de footeux, ce club est plus présent dans ma tête.
Quelle est votre opinion au sujet de l’équipe stéphanoise actuelle ?
C’était une équipe bâtie pour monter. Avec des noms et un très bon collectif. Peut-être lui manque t-il la flamme ? Peut-être lui a t-il manqué aussi de réussir un début de saison plus positif. Si elle avait enchaîné une dynamique de victoires, elle était capable d’aller au bout.
Ça fait plus de 20 ans que l’on n’a pas assisté à un Reims-ASSE. Cela a t-il une importance pour vous ?
Non. Il y aura le plaisir de voir un stade plein, ça s’arrête là.
YVES VERRIÈRE

 

LE MATCH ALLER

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L'AVANT-MATCH :

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