Dimanche 18 janvier 2004

 

La palme de l'opiniâtreté

 

Hier soir, le Stade de Reims n'a pas disputé son meilleur match de la saison. Loin de là. Mais la victoire enregistrée par la plus courte des marges face à Cannes, prétendant direct à la montée, pourrait valoir de l'or. De la sueur, de la hargne, de l'envie, de l'engagement : tels sont les ingrédients proposés par les joueurs de Lozano.
Après avoir longtemps douté, le Stade s'est décrispé, suivant la trace de Diané, brillant prix d'interprétation face aux « artistes » de la Croisette.


Pour les costauds
Vu le dispositif mis en place des deux côtés, la soirée semblait réservée aux costauds. Au 5-4-1 cannois, Lozano avait répliqué en musclant son entre-jeu, laissant le soin au remuant Dossevi de harceler l'arrière-garde adverse, encadré par Haddadou (pour sa « première » à Delaune depuis août) et Petitjean.
Rien de plus logique donc que tout se déroule au centre du terrain, un secteur embouteillé où il ne fait pas bon laisser traîner trop longtemps ses chevilles.
Une occasion partout après vingt minutes de jeu. Petitjean échoue dans les gants de Mey (8e), alors qu'une combinaison Tamazout-Niflore oblige Balijon à un plongeon spectaculaire à la réception du tir de l'attaquant de pointe azuréen (18e).
A l'entame du dernier quart d'heure, la poussée rémoise se veut plus franche. Plutôt malheureux jusque-là sur son flanc droit, Haddadou bénéficie d'un centre parfait de l'actif Doukantie. Posté à l'entrée de la surface, « Momo » ajuste un tir du droit contré au tout dernier moment par le talon de Rodriguez.
Pas grand-chose à se mettre sous la dent. Le « sommet » attendu sombre dans l'approximation, l'attentisme. Campées sur leurs bases, les protagonistes s'observent, s'épient, se collent. Les espaces sont obstrués. Les défenseurs cannois renvoient tout de la tête ou de volée vers les défenseurs locaux qui tentent désespérément de trouver un partenaire libre.
L'arbitre n'ajoute pas une seconde de plus à ce brouillon de choc. Les Rémois disparaissent dans le tunnel. Ils ont un quart d'heure pour trouver la bonne formule. Dambury et Diané activent leur échauffement. Le deuxième remplaçant Petitjean se plaignant des adducteurs.


Diané brille
Première action, premier dribble réussi : Amara réveille un public engourdi par le froid. Feu de paille ? Pas sûr. Un une-deux Dossevi-Diané démarque Dambury qui vrille son tir du gauche (57e). Presque dans la foulée, Boutal croise trop sa reprise de la tête après un centre précis d'Haddadou.
Si ce n'est pas un renouveau, ça y ressemble fortement. Poussant un peu plus leurs actions, les Stadistes ennuient enfin leurs invités. Dans le rôle de provocateur, Diané excelle. Remontant le terrain à toutes jambes, l'enfant de Noyon réussit quelques passements de jambes dans la surface avant de tromper Mey d'un tir croisé du droit (63e).
Coup de chaud sur Delaune avec ce septième but de la saison de Diané. Coup de chaud dans la surface, lorsqu'un tête à tête Arnaud-Marsiglia se termine en bagarre générale. Deux rouges, deux jaunes à se partager, jugement de Salomon pour M. Cailleux.
Plus d'une heure pour en arriver là. A ce sommet enfin débridé, à cette tension palpable entre prétendants à la Ligue 2. Sur la touche, Lozano trépigne. Le leader tient pourtant le bon bout, malgré quelques frayeurs sur le but de Balijon.
Ne restait plus à attendre l'ultime coup de sifflet pour savourer ce premier succès 2004 en championnat.
Gérard Kancel

 


"Vu des Tribunes" : l'actu du Stade - Rédaction-conception : Michel HAMEL