LE MATCH ANALYSÉ PAR LES NANCÉIENS

Puygrenier 7e, Fayolle 66e pour NANCY
Arnaud 45e, Hebbar 70e pour REIMS  


"Reims pouvait sans conteste se voir décerner le bonnet d'âne

de la formation la plus faible entrevue à Picot"
L'est Républicain
(un brin revanchard)

 

 

Et pan sur la joue !

 

Suffisante en première période, hésitante ensuite, l'ASNL a permis à une formation rémoise pourtant moyenne de se relancer, avant d'échouer aux tirs au but. Ça fait mal.

 

C'était cousu de fil blanc. Franchement, que pouvait-il leur arriver ? Les voilà qui déroulaient, sereins, bien dans leurs crampons, avec en poche un avantage au score. Offrant en prime au regard de leurs fans une domination technique, tactique, collective. Que demander de plus ? Nancy déroulait, Reims cherchait le moyen de ne pas paraître ridicule. Nancy n'avait jamais paru aussi fort, Reims pouvait sans conteste se voir décerner le bonnet d'âne de la formation la plus faible entrevue à Picot depuis août.

Simplement, parce que le football n'est pas tout à fait un sport comme les autres, parce que sur l'herbe l'équilibre d'une victoire pourtant sur les rails ne demande qu'à dérailler, parce qu'enfin le complexe de supériorité ne s'accommode jamais de la compétition, l'AS Nancy-Lorraine a été sanctionnée rudement. Ce qu'elle n'avait sans doute jamais commencé à envisager, victime sur certaines séquences d'une suffisance flagrante en première mi-temps. L'histoire, espérons-le, lui servira de leçon, mais reconnaissons que l'épisode risque d'être dur à avaler.

 

Corner sur la transversale

La formation de Correa était lancée sur un boulevard, on la vit lorgner déjà vers le tour prochain de cette épreuve de Coupe de la Ligue. Puygrenier lui avait offert de la tête l'avantage décisif du fameux 1-0 (7'). Celui dont on considère d'ordinaire qu'il contraint l'adversaire à se découvrir. Elle commit le péché d'orgueil : s'arrêter de courir pour se regarder jouer. Elle était tellement belle, c'était tentant, reconnaissons-le. Elle fut sanctionnée comme un sale gamin capricieux qui reçoit une gifle bien méritée. Reims, qui n'en demandait sans doute pas tant, se vit remettre clés en main l'égalisation (Aranud, 1-1, 45').

L'espace de quelques secondes, la défense nancéienne avait paru dans les choux. Un accident ? L'avertissement, visiblement, n'avait pas été écouté avec suffisamment d'attention. La preuve, après que le garnement ait repris les rênes du match par Fayolle (2-1, 67'), les balbutiements dans l'axe de la charnière Puygrenier-Lecluse furent vite conclus de la même manière (Hebbar, 2-2 73'). Pan à nouveau sur la joue ! C'est là, alors, qu'on commença à mesurer le poids de l'absence des titulaires...

Car si l'AS Nancy-Lorraine atteint alors laborieusement les prolongations, soyons honnêtes pour reconnaître qu'elle ne fit rien pour cela. Une tête de Petitjean (76'), un duel de Diane seul devant Sorin (81') et un corner direct de Didot sur la transversale mal jugé par le gardien (83') : la chance avait des allures de sursis pour l'AS Nancy-Lorraine, dans une fin de match échevelée. Relancés par l'énergie d'Hamdani, les coéquipiers de Fayolle nourrirent certes l'illusion en prolongation.

Mais le ressort était cassé, et ce qui était apparu en filigrane au cours d'une deuxième période coupable eut la réalité de l'évidence dans la séance des penalties. Le sang-froid, la lucidité étaient rémois, la panique, elle, s'était chargée de tétaniser les esprits nancéiens. Berenguer manqua sa tentative, Sorin, lui, s'en alla chercher cinq fois le ballon dans ses filets. Voilà ce que c'est que de se voir trop beau.

Antoine PETRY

 

 



"Vu des Tribunes" : l'actu du Stade - Rédaction-conception : Michel HAMEL